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Jeudi 6 mars 2008

05-Virginie1.jpg Ces élections municipales 2008 vont t'amener à exercer ton premier mandat électif. Que cela signifie-t-il pour toi et que souhaites-tu faire de ton mandat ?
Avec mes 36 ans, j’ai fêté les 20 ans de ma première prise de carte au parti. Même si mon parcours militant est atypique, je pense avoir atteint « l’âge de raison politique ». A ce jour, ne soyons pas présomptueux : aucun mandat n’est acquis. Disons simplement que je m’attacherai à mériter la confiance que les militants du 20ème et plus particulièrement du NPS m’ont accordée.
 
Quels sont selon toi les défis majeurs auxquels devra faire face la nouvelle équipe municipale sous cette mandature  ?
Le premier défi sera peut-être d’être à la hauteur de la première mandature Delanoë : après avoir incarné le renouveau, le « changement d’ère » auquel les parisiens aspiraient, il va falloir être inventifs pour être à la hauteur des attentes des citoyens.
A mes yeux, notre priorité doit aller à la politique du logement car elle est une clé pour maintenir la mixité sociale. Cela doit se traduire par la création et la réhabilitation de logements sociaux, mais pas seulement. Aujourd’hui, nombre de salariés et plus particulièrement de jeunes actifs y compris issus des classes moyennes peinent à trouver un logement à prix décent, un loyer qui ne grève pas trop leur pouvoir d’achat ou plus exactement leur « reste à vivre ».
Si l’on ne veut pas voir Paris vieillir ou se «bobohiser» , il est important d’agir volontairement et rapidement.
Le deuxième axe serait de promouvoir la qualité de vie de manière générale : extension des services publics, développement durable que ce soit en termes économiques ou environnementaux, démocratisation de l’accès à la culture et aux sports…

Le 16 mars prochain, tu devrais être élue sur la liste du 20ème, un arrondissement périphérique. Comment comptes-tu faire valoir les problématiques spécifiques de cet arrondissement au sein du Conseil de Paris ?
En tant qu’élue du 20ème, je serai forcément attentive à ce que la politique de rééquilibrage des investissements vers l’Est parisien perdure.
De par sa situation géographique, le 20ème arrondissement va s’inscrire au cœur du projet Paris Métropole. Comme j’ai accompli toute ma scolarité dans le 93, c’est un sujet auquel je suis particulièrement sensible. La couverture du périphérique à la Porte de Montreuil sera un événement majeur : au-delà des aspects sociaux, économiques et écologiques, c’est une frontière symbolique, empreinte de stigmatisations, qui va tomber.  

Par Réinventer la gauche
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Lundi 3 mars 2008

manif--duc.jpg De 2002 à 2007, les attaques de la droite dans le domaine de l’Éducation ont porté essentiellement sur la question des moyens. Il s’agissait d’abord de supprimer des postes pour des raisons budgétaires en prétextant une baisse du nombre d’élèves, pourtant largement compensée par les départs en retraite des enseignants baby-boomers. A la rentrée de 2008, ce seront ainsi près de 30 000 postes d’enseignants qui auront été supprimés depuis 2002, alors que les socialistes prévoyaient au contraire un plan pluriannuel de recrutement.
Les conséquences sont nombreuses : le nombre d’heures enseignées diminue et la plupart des établissements, même classés, ont maintenant les horaires planchers dans toutes les matières ; dans de nombreuses académies, la gestion des effectifs se fait à flux tendu et les remplacements ne sont plus assurés ; la montée de la violence dans les établissements du secondaire est directement liée à la baisse de la présence des adultes.

Des attaques nouvelles contre le métier d’enseignant depuis 2007
Les rapports se succèdent et sont tous porteurs des mêmes attaques contre le métier d’enseignant. Un seul exemple, la volonté de renforcer l’autonomie des établissements conduit à rendre les profs dépendants des principaux, aussi bien dans le domaine pédagogique que dans la gestion des carrières et des conditions de rémunération.
A cet égard, le nouveau rapport Pochard, censé améliorer et revaloriser la condition enseignante, ne fait que confirmer ces craintes. Il insiste sur la rémunération au mérite, incite les profs à cumuler les heures supplémentaires et les heures de présence dans les établissements, et cherche à leur faire accepter des tâches qui ne relèvent pas de leurs compétences et de leur statut : surveillance des élèves, tâches administratives, soutien scolaire… Or, une étude récente du ministère a montré qu’un prof travaille en moyenne 39 heures par semaine, dans le cadre d’une charge de cours de 18 heures.
Par ailleurs, sur la question du pouvoir d’achat en constante baisse des enseignants, le gouvernement aujourd’hui ne propose de revaloriser le point d’indice qu’à hauteur de 0.8% cette année, ce qui ne permet même pas de compenser l’inflation.

La question transversale de l’Éducation prioritaire
Le gouvernement s’emploie aujourd’hui à masquer l’état d’urgence et à nier la montée de la violence dans les quartiers difficiles, alors qu’elle est directement liée à la suppression des moyens humains et à une atmosphère de rejet complet de l’État sous toutes ses formes. Les rectorats en sont réduits à faire pression sur les chefs d’établissement pour minimiser les problèmes, limiter les conseils de discipline et la remontée des incidents graves.
La seule réponse concrète du gouvernement consiste à organiser de « l’accompagnement éducatif » dans certains établissements. Ce dispositif de soutien scolaire est cependant trop ponctuel, et comme il se fait sur la base du volontariat des élèves, son efficacité reste limitée.
Enfin, la mise en place du fichage des élèves, à relier avec la détection précoce de la délinquance, confirme bien les enseignants dans l’idée qu’on leur demande maintenant de faire du contrôle social dans les banlieues.

Pourtant, aucune politique de la ville, aucun « plan banlieue » ne peut réussir sans une véritable ambition de relancer l’éducation prioritaire. Dans de nombreux quartiers, le collège est le dernier service public qui reste, la seule présence de la République. Or, la concentration de difficultés sociales et familiales dans ces quartiers exige de mettre en place des structures particulières : classes à 15 élèves, généralisation des classes relais pour les élèves en grande difficulté et en décrochage, soutien scolaire obligatoire pour certains le soir (sous forme d’internats externalisés par exemple), dispositifs stables pour les élèves non-francophones…
Avec la suppression de la carte scolaire, les stratégies d’évitement se multiplient et il est à craindre que les problèmes ne s’accroissent dans les établissements les plus difficiles qui n’auront bientôt plus que des élèves en décrochage scolaire. La rentrée 2008 promet…

Bastien Recher

Par Réinventer la gauche
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Samedi 1 mars 2008

Tram-train-ligne-des--3630D.jpg Comme d’habitude, Nicolas Sakozy croit allier démarche d’avenir et « coup » politique en tentant le coup de force concernant l’organisation territoriale de l’Ile de France.
Dès son discours de Roissy, le Président de la République a annoncé une réforme rapide des institutions territoriales de notre région, avec comme objectif la création d’un « Grand Paris », c'est-à-dire d’une communauté urbaine institutionnalisée. Nicolas Sarkozy a ainsi plusieurs objectifs. Le premier est de démontrer son volontarisme et sa capacité « visionnaire », le deuxième est de placer la Ville de Paris et la Région Ile de France en opposition et donc d’affaiblir la gauche francilienne, le dernier est de rendre Bertrand Delanoë minoritaire politiquement dans une organisation pan-parisienne où la Droite serait majoritaire.
Las, comme souvent, les annonces étaient précipitées, mal préparées techniquement et politiquement et nous assistons à un gel des ambitions présidentielles, sans doute devant la fatigue des élus UMP de la proche couronne n’ayant aucune envie de perdre une grande part de leurs prérogatives.

Pourtant, si Sarkozy est tombé de sa planche de surf, la vague existe bien et la question de l’organisation de la zone dense et centrale de l’Ile de France se pose. Notre région connaît une situation particulière du fait du nombre d’acteurs ayant une légitimité pour intervenir dans son gouvernement. Historiquement, l’Etat a eu un rôle majeur d’aménagement et de réflexion stratégique ; les départements sont un cadre de référence au-delà de Paris ; les communes et agglomérations ont une visibilité forte auprès des citoyens ; la Région monte en puissance depuis une dizaine d’années. Aussi, alors que la situation institutionnelle est complexe, notre région est également confrontée aux conséquences du développement actuel du capitalisme mondialisé : urbanisation anarchique, ségrégation et montées des inégalités spatiales, pollutions,insécurité.

 Face à l’éclatement territorial que nous connaissons, plusieurs stratégies sont possibles. On peut tout d’abord conserver l’anarchie institutionnelle actuelle ; la pratique du co-financement et le manque de clarté des compétences respectives rendent illisibles les objectifs  et handicapent l’Ile de France au niveau européen et mondial..
 La deuxième possibilité est le schéma inverse, c'est-à-dire choisir un ou deux acteurs comme chefs de fil principaux au détriment de tous les autres. Pour séduisante qu’elle soit, cette perspective est sans doute vouée à l’échec : la coalition des « perdants » sera assez forte pour faire échouer un réaménagement brutal.
Ainsi, nous sommes condamnés à la pédagogie par le mouvement et l’incitation. Il faut savoir organiser des convergences fortes et des concertations par projet , la question institutionnelle ne pouvant être que le produit des besoins.
 En cela, le projet de Paris-Métropole de la liste de gauche conduite par Bertrand Delanoë à Paris est une perspective intéressante et crédible. En effet, il préfigure un processus plus qu’un achèvement et repose sur deux axes nécessaires : l’association maximale de l’agent majeur d’organisation de l’Ile de France qu’est la Région et un travail d’élaboration par les élus locaux eux-même concernant les problèmes spécifiques de la zone centrale.
Dans le même temps, la Région a organisé une vaste réflexion concernant le gouvernement de l’Ile de France où il apparaît que l’institution régionale est le meilleur acteur pour réduire les inégalités territoriales au niveau régional.
 La Gauche a donc devant elle la responsabilité historique de tracer un chemin clair à notre région, il faudra savoir utiliser intelligemment les outils politiques que nous maîtrisons pour les rendre  opérant  de manière optimum. Pour éviter que des atouts trop nombreux nous mènent à des oppositions stériles de structures, il nous faut sans doute réfléchir aux différentes échelles géographiques d’intervention en donnant à chaque institution une vraie capacité à agir.

Guillaume Balas

Par Réinventer la gauche
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Vendredi 29 février 2008
arton8287-ec95c.jpg "Chroniques du règne de Nicolas Ier", Patrick Rambaud *, ed° Grasset

Dans "Chroniques du règne de Nicolas Ier", Patrick Rambaud narre les six premiers mois du monarque et de la cour élyséenne en se basant sur des faits réels, mais sur un ton de franche moquerie. Dans l'esprit de Saint Simon et inspiré par la chronique "la cour" du Canard enchaîné racontant les péripéties du pouvoir gaullien dans les années soixante, l'auteur renoue avec le genre littéraire satirique à la manière des chroniqueurs du 19ème siècle.
 
Des portraits décapant

Patrick Rambaud nous livre une véritable pause, une thérapie par l'humour qui remontera le moral de tous ceux qui sont exaspérés par l'omniprésence de Nicolas Sarkozy depuis son arrivée à l'Elysée.

Son  portrait de "Notre Bien Aimé Monarque", "Notre Splendide Souverain", est truffé de petits détails cocasses dont on se délecte et qui confèrent au personnage un ridicule hilarant. "Sa taille était à ce point médiocre qu'il lui fallait par tous les moyens se rehausser", écrit-il, avant de s'amuser des joggings de "sa majesté" en short "exhibant de gros mollets comme si elle rentrait du camping". Le manque d'intérêt pour la culture du "futur Monarque" est savoureusement mis en en scène, s'adonnant aux "œuvres complètes des principaux poètes (…) MM Hervé Vilard, Serge Lama et Johnny Hallyday dont il connaissait les poèmes par cœurs".

Patrick Rambaud brocarde également ministres et conseillers du président, présentés comme des "courtisans". On croise le cardinal de Guéant, "gris comme un ciel de pluie sur Douarnenez", le Premier ministre François Fillon, le duc de Sablé qui avait, "l'humilité des dévots et la mise d'un chef de rayon", le petit Marquis de Benamou qui "possédait la science des courbes", la marquise de la Garde qui "illustrait jusqu'à l'extravagance, l'individualisme forcené de la pensée régnante", ou le comte Copé "expert en fidélité mobile", et bien d'autres encore. Le portrait cruel de M. Besson présenté sans titre de noblesse est particulièrement savoureux pour un lecteur socialiste !

Si la syntaxe laisse parfois à désirer, on rit donc beaucoup, parfois jaune, mais c'est un délice.
 

L'ironie au service de la critique

Il ne s'agit pas d'un livre politique, mais l'auteur ne se prive pas de critiquer la politique du chef de l'Etat. Bien informé, il épingle "le monarque" sur les sans papiers, ses références au religieux, le paquet fiscal, etc. Il dénonce toujours avec impertinence et humour, la communication du Président : "Quand il parlait au public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu'un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires, dont la teneur importait peu, car ses discours valaient par leur forme plutôt que par un fond très changeant selon les auditoires".

Au fond, cette satire ne fait-elle pas le jeu de l'omniprésence de Nicolas Sarkozy ? Non, car l'ouvrage a ceci de particulier, le nom de son personnage principal n'est jamais cité. Les titres, qui lui sont profusément conférés "Notre Bien-Aimé Monarque ", "Notre Admirable Prince", "Notre Fortifiant Leader ", "Notre Leader Maximum", "Notre Preste Souverain ", "Notre Seigneur Adulé" établissent une certaine distance. La raillerie devient un exutoire, une sorte de défoulement par le rire. Et derrière l'ironie, se cache en fait une profonde colère. Ce livre est une revanche sur ce que Sarkozy nous fait subir depuis quelques mois et sur les médias qui furent jusqu'à présent fort complaisant avec le Président.
 
Le pouvoir présidentiel en arrière plan


Au-delà de la farce légère et truculente, se trame en toile de fond dans cet ouvrage, la question de la concentration du pouvoir que confèrent nos institutions au Président de la république. De De Gaulle à Chirac, chaque Président a eu son lot de pamphlets leur attribuant le titre de monarque. Avec le roi Chirac qui se place au-dessus des lois, se pose la question du statut pénal du Président. Avec Sarkozy, la monarchie, c'est-à-dire "le pouvoir d'un seul", atteint son paroxysme.  Notre démocratie souffre d'un Président qui n'a de comptes à rendre à personne, qui impose avec un déni total de la démocratie sociale, qui maîtrise l'ordre du jour de l'Assemblée nationale laquelle est devenue une sorte de chambre d'enregistrement.
 La nécessité d'une réforme constitutionnelle relève aujourd'hui de l'urgence démocratique. Il en va de la responsabilité des socialistes de défendre une nouvelle république parlementaire qui renforce le rôle du 1erministre et du gouvernement. Elle doit aussi renforcer leur responsabilité et permettre de vérifier leur légitimité auprès du peuple et de ses représentants. Le livre de Patrick Rambaud est une façon distrayante d'en convaincre ceux qui en douteraient encore…
 
Emilie Pouradier
 
* Patrick Rambaud, prix Goncourt 1997 pour "La bataille", est depuis toujours un auteur de pastiches, parodies et autres satires.
Par Réinventer la gauche
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Jeudi 28 février 2008

goutte-eau.jpg L'eau est un bien public, qui doit être géré publiquement. Il faut que l'eau parisienne soit désormais l'apanage d'une régie municipale, au service des parisiens.

Depuis des années, la sonnette d'alarme a été tirée à plusieurs reprises. Dernièrement, c'est "l'UFC - Que choisir" qui a dénoncé les prix "souvent très abusifs" de l'eau dans les grandes agglomérations françaises et épinglé en particulier les bénéfices faramineux des deux grandes entreprises privées de gestion et de distribution de l'eau, Veolia et Suez.

Un bien trop cher

Car les faits sont là : on ne compte plus les agglomérations qui s'aperçoivent combien l'eau leur coûte cher, et coûte cher aux habitants, du seul fait qu'elle a été confiée à des concessionnaires privés. Les élus ont certes eu leur part de responsabilité : pendant des années, certains d'entre eux ont consenti, par faiblesse ou compromission, des conditions particulièrement avantageuses à ces compagnies, leur permettant de faire de très confortables bénéfices à la faveur de concessions parfois impossibles à réviser pendant 20 ou 30 ans. Aujourd'hui encore, beaucoup de collectivités qui ont délégué la gestion de l'eau manquent de l'expertise nécessaire pour exercer un contrôle vigilant sur les concessionnaires. Et quand elles décident ou peuvent faire ces contrôles, elles s'aperçoivent à quel point elles ont été abusées.

Quand l'année dernière, la Communauté Urbaine de Bordeaux a décidé de ne plus se contenter des comptes-rendus officiels de la Lyonnaise des Eaux, mais d'aller vérifier sur pièce la réalité de sa comptabilité, elle s'est ainsi aperçue que des astuces comptables lui avait permis de dissimuler une partie de son chiffre d’affaires : entre 1993 et 2005, ce dernier a été supérieur de 29 millions d’euros aux prévisions du contrat. De même La CU de Lyon vient d'obtenir de Veolia une baisse de 16 % du prix de l'eau, ce qui donne une idée des marges réalisées auparavant. Dernier chiffre, récemment avancé par l'UFC : les 4 millions d'usagers du Syndicat des Eaux d'Ile-de-France, dont la gestion est concédée à Veolia, paient 1,60 euros le mètre cube d'eau, alors que le coût de ce service est estimé à 0,62 euro.

La gestion de l'eau n'est pas gratuite, elle est même chère, notamment pour respecter des normes d'hygiène de plus en plus strictes. Mais la gestion privée de l'eau est encore plus chère. D'un côté on a donc des entreprises privées florissantes, de l'autre des consommateurs qui payent directement au robinet cette bonne santé financière.

Pour une nouvelle organisation du service public de l'eau

A Paris, nous avons une opportunité : les concessions de Veolia et Suez, chargés par délégation de service public de la distribution de l'eau dans la capitale (la production et le transport étant assurés par la société Eau de Paris, SEM de la Ville) arrivent à échéance fin 2009 et fin 2011. C'est une occasion sans pareil de réfléchir librement sur la future organisation de ce service public de l'eau et d'opérer des choix volontaires.

Bertrand Delanoë a déjà pris un engagement : confier à un opérateur public unique la responsabilité de la chaîne du cycle de l'eau, de la production à la distribution". Cet opérateur unique prendrait la forme d'une régie municipale à autonomie financière, qui serait soumise à des obligations contractuelles précises quant à la qualité du service et à la maîtrise de ses coûts, avec pour objectif la stabilité du prix de l'eau pendant la prochaine mandature.

Aujourd'hui, les Parisiens paient leur eau 2,71 euro le m3 TTC. Ce tarif n'est pas, de loin, le plus cher de France : il nous situe même dans une fourchette basse de la moyenne nationale. Il est même 1 euro moins cher que le prix facturé par le SEDIF pour les autres Franciliens.

Mais nous devons favoriser une gestion publique de l'eau. C'est une question de principe : l'eau n'est pas un bien comme les autres et doit échapper autant que possible aux logiques marchandes. C'est un enjeu économique : à l'heure ou le pouvoir d'achat des Français est en berne, la modération des tarifs des biens essentiels est une priorité. C'est enfin un enjeu de justice sociale : le prix de l'eau, et sa consommation, étant le même pour tout le monde, sa hausse pénalise toujours les plus modestes, d'où la nécessité de maintenir la stabilité du prix et la qualité du service pour tous.

Qui mieux que le public peu relever ces défis ?

Nicolas Braemer

Par Réinventer la gauche
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Mercredi 27 février 2008
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Télécharger ici le nouveau numéro de la lettre du NPS 75 :


Par Réinventer la gauche
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Jeudi 21 février 2008

lemondefr_grd-copie-3.gif Sous les ors du palais présidentiel, une conférence de presse est convoquée. Devant un parterre d’élus, de représentants associatifs et de journalistes, le président de la République égrène les mesures de son "plan Marshall pour les banlieues". Un "plan Marshall" d’un genre inédit d’ailleurs : sans argent. Tant pis pour la rigueur de la référence historique, l’important étant sans doute cet effet d’annonce à moindre coût.

Lors de ce grand raout élyséen, on apprend notamment que, à condition de "se lever tôt le matin", on pourra "mériter la confiance de l’Etat". Quelques mauvaises langues pourraient faire remarquer que la confiance ça ne coûte pas non plus très cher et que nos banlieues ont besoin d’une intervention plus matérielle de la puissance publique. Mais ne nous laissons pas aller au scepticisme et à la médisance. Peut-être que les choses vont changer dans le bon sens. Par exemple en assurant aux habitants des quartiers un meilleur accès aux services publics. C’est ce qu’a promis le président. Certes, là aussi, aucun moyen spécifique n’est envisagé - on ne parle que de redéploiement - mais, enfin, il faut bien reconnaître que l’accent est mis sur un problème crucial.
Vendredi 8 février. Le même jour dans un cadre tout à fait différent : la salle des professeurs de la cité scolaire Henri-Wallon d’Aubervilliers. J’y enseigne l’histoire et la géographie depuis de nombreuses années. Avec 47 % d’élèves boursiers, l’établissement est classé en zone prévention violence. Il est certainement très représentatif des difficultés des quartiers dont on parle au même moment devant la presse française et internationale. Les enseignants qui sont présents se sont levés tôt pour être à 8 heures du matin devant des élèves qui, eux aussi, se lèvent tôt.
Eh bien, c’est ce même jour que nous apprenons les réductions de moyens que l’Etat souhaite imposer à notre établissement, comme à tous ceux de l’académie de Créteil, à la rentrée 2008. Quatorze postes d’enseignants (douze au lycée et deux au collège) et sept classes (six au lycée et une au collège) sont menacés d’être supprimés. Au total, 637 postes sont menacés sur l’ensemble de l’académie.
Grève reconductible
Les conséquences sont multiples : les élèves de terminale ne pourront plus redoubler faute de places, toutes les classes compteront au moins 35 élèves, les "classes à projet", créées pour les élèves en difficultés seront supprimées, les dédoublements dans les classes de langues vivantes disparaîtront... Comme, de surcroît, la carte scolaire est condamnée, les élèves qui en ont la possibilité ne pensent plus qu’à fuir le lycée. Tant pis pour ceux qui resteront. Et pour leurs professeurs que l’on voudrait confiner dans un rôle de garderie en renonçant à toute ambition pour leurs élèves.
De l’Elysée à Aubervilliers, il y a bien un monde. Celui qui sépare le virtuel du réel. Face à une telle schizophrénie, l’indignation est forte. Elle justifie notre décision de nous mettre en grève reconductible jusqu’à ce que le rectorat revienne à des positions plus raisonnables. Elle m’interroge aussi sur mon métier. En plus de l’histoire et de la géographie, je suis aussi censé enseigner l’éducation civique. Je dois y parler de l’égalité en droit, de la solidarité dont l’Etat doit être le garant. Je dois assurer que la puissance publique joue son rôle pour que chacun ait sa chance dans une société française ouverte et riche de ses différences... Dur métier.
Par Réinventer la gauche
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Lundi 18 février 2008

Beno-t.jpg Robert Chaouad : Très présent dans les discours et les commentaires politiques, notamment en période électorale, le thème de la modernité en politique semble avoir changé de sens ou, du moins, d’incarnation.

Benoît Hamon : On a assisté, effectivement, à droite comme à gauche, a une appropriation du thème de la modernité par les deux principaux leaders politiques de la dernière campagne électorale présidentielle. Ce thème de la modernité est ainsi apparu comme la marque de leur pratique du pouvoir et de leurs orientations, l’un comme l’autre souhaitant incarner, à sa manière, cette modernité. Or, Nicolas Sarkozy développe une vision qui tend plus à restaurer ou à enraciner la hiérarchie sociale, à rétablir les privilèges, à remettre en cause le principe de redistribution et tous les mécanismes modernes de luttes contre les inégalités (la sécurité sociale, l’impôt, l’Etat, etc.), un retour à une société d’avant la période des Trente Glorieuses en somme ; quant à Ségolène Royal, chez elle, la modernité, à bien des égards, renvoie à l’abandon de ce qu’était la capacité ou la volonté de la gauche à tordre et à inverser les rapports de force.
 
RC : Dès lors, comment définiriez-vous, aujourd’hui, la modernité en politique ?
 
BH : Si l’on considère que la modernité est en soi une forme de rupture avec les dogmes ou les cadres de pensée traditionnels, et si, en plus, on constate que ces cadres imposent des concepts et des solutions dont la mise en oeuvre se révèle être un échec, alors la modernité devrait correspondre à une rupture avec ces cadres-là. La première rupture que la gauche française et européenne devrait mettre en oeuvre, assumer et décliner, c’est celle-là, c’est la rupture avec toute la doctrine économique qui domine, aujourd’hui, le débat européen, qu’il s’agisse des débats politiques à l’intérieur des Etats membres ou au sein de l’Union européenne. Quelle est cette doctrine économique ? Elle se fonde, notamment, sur le primat du consommateur sur le salarié et du consommateur sur le citoyen. J’entends par là que toute la doctrine économique de l’UE parie sur le rétablissement de la compétitivité des économies européennes par la baisse des prix et non pas par l’amélioration de la productivité, c’est-à-dire par l’investissement dans la recherche, le développement, l’éducation et la formation. Or, aujourd’hui, le présupposé de cette doctrine est que la mise en concurrence des acteurs travaille aux intérêts des consommateurs puisqu’elle stimule une concurrence qui favoriserait la baisse des prix. Dès lors que l’on parie exclusivement là-dessus, on assiste, au sein des Etats membres de l’UE, à la mise en place de politiques qui encouragent la baisse des prix et qui, parallèlement, encouragent la modération salariale, favorisent des disciplines budgétaires strictes et donc pénalisent les investissements qui pourraient être fait par les Etats membres. Conséquence de quoi, les citoyens, pour que leur pouvoir d’achat augmente, sont encouragés à consommer en stimulant une concurrence par la baisse des prix et en cherchant les prix les plus bas. Or, en choisissant les prix les plus bas, et donc en stimulant cette concurrence, cela conduit les entreprises à devoir baisser leur coût de production, et pour ce faire à jouer sur la variable d’ajustement sur laquelle il est le plus simple de jouer aujourd’hui, à savoir le coût du travail.
 
On en arrive donc, et c’est la théorie que je défends, avec d’autres, à faire du consommateur l’artisan de la remise en cause de ses propres droits de salarié et de ses propres intérêts de citoyen. Ainsi, je constate qu’il y a une contradiction absolue à voir que c’est le même gouvernement qui prétend investir sur le long terme avec le Grenelle de l’environnement et qui, dans le même temps, revendique le fait que  la France est en retard sur le low cost et devrait mieux se positionner en la matière. Or, le low cost est en contradiction directe à la fois avec ce que devraient être les investissements nécessaires pour assurer la protection de l’environnement et, surtout, cela pousse le consommateur à faire un choix qui remet en cause son propre intérêt de salarié puisque ce choix pousse à la baisse du coût du travail. Je crois, ainsi, que cette doctrine économique, qui désosse méthodiquement tous les modèles sociaux nationaux et qui pousse à des choix politiques qui se détournent des investissements favorables à la protection de l’environnement, eh bien, ce choix de politique économique est le choix avec lequel on devrait rompre. Et la modernité, pour le coup, c’est celle qui s’attaque à ce qu’est la répartition primaire des revenus entre le capital et le travail, entre les profits et les salaires, et celle qui réhabilite l’impôt. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis favorable à la création d’un grand impôt universel qui prenne en charge l’ensemble des prestations universelles (assurance maladie, politique familiale, dépenses publiques, éducation, etc.), qu’on change aussi la principale cotisation qui pèse sur les entreprises et qu’on l’élargisse à la valeur ajoutée. Et donc, en tout cas, qu’on réarme la politique en redonnant, par l’impôt, des moyens d’action à la puissance publique. Ce qu’elle n’a plus. Dans une société prompte à exalter en permanence les devoirs en contrepartie des droits, on oublie que le principal des devoirs qu’acquitte n’importe quel citoyen, c’est justement l’impôt. Et je trouve invraisemblable que l’impôt soit à ce point discrédité aujourd’hui, alors qu’il est l’instrument qui permet, par la construction de biens publics universels, par la construction de services publics, par la mise en oeuvre d’une protection sociale, de lutter contre les inégalités. Il s’agit là d’un point sur lequel, comme think tank, La Forge entend travailler. 

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Par Réinventer la gauche
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Dimanche 3 février 2008

guillaume.jpg Depuis notre réunion francilienne du 22 septembre, tous les socialistes parisiens ont été très pris par la campagne des municipales et la construction d’une nouvelle ambition pour Paris autour de Bertrand Delanoë. Nous avons pris notre part, notamment, dans la préparation du programme pour les municipales des 9 et 16 mars, en laissant un peu de côté la réflexion générale et nationale. 

Aujourd’hui, on peut constater que l’enjeu des municipales ne se résume pas à une addition d’enjeux locaux : les socialistes doivent aussi s’employer à construire à gauche les réponses aux crises qui frappent notre pays.
Crise économique d’abord, marquée par les scandales, subprimes ou Société générale, qui montrent que la spéculation financière qui accompagne la mondialisation néolibérale se fait au détriment de l’économie réelle. Dans ce contexte, la politique de classes de Sarkozy qui multiplie les cadeaux fiscaux aux riches épargnants, ne permettra pas de relancer la croissance par l’investissement dans la recherche, la formation, la productivité…
Crise sociale ensuite, avec une droite élue sur la question du pouvoir d’achat et qui doit bien aujourd’hui avouer qu’elle ne compte pas se donner les moyens de redonner aux Français les plus pauvres les moyens de lutter contre la « vie chère ».
Crise morale enfin, que l’on regarde le nouveau président de la République mettre en scène sa vie privée ou que l’on contemple le spectacle désolant des débauchages de la soi-disant « ouverture ». 
 
La première réponse aux crises, nous la porterons aux côtés de tous les socialistes et de leurs alliés à gauche lors des municipales : candidats ou militants, nous avons bien conscience de l’importance de sanctionner la droite et de redonner de l’espoir aux classes populaires et aux classes moyennes qui se désespèrent de la gauche en apportant des solutions concrètes.
La deuxième réponse n’est pas la moins ambitieuse : nous devons poursuivre le travail entamé le 22 septembre pour reconstruire la gauche et le Parti socialiste.
Cette newsletter est là pour rappeler que le site
www.réinventerlagauche.over-blog.com nous servira d’espace de liaisons et d’échanges pour les mois qui viennent. Nourrissez-le de vos commentaires, de vos contributions !
Prochainement, un nouveau journal prendra la succession de Haut et fort pour présenter le travail du NPS dans les instances et vous proposer des interviews et des analyses, en lien avec les mouvements sociaux.
 
D’ici là, bonne campagne à tous !

 Guillaume Balas, conseiller régional et mandataire du NPS à Paris

 

Par Réinventer la gauche
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Samedi 2 février 2008

pascal.jpg Pascal Cherki

 
Les indices des principales bourses mondiales chutent ce mardi 15 janvier 2008 redoutant une récession aux Etats-Unis. L’indice Dow Jones a perdu en deux jours l’ensemble de ses gains annuel de 2007. Cette situation fait dire à Alan Greenspan - ancien président de la FED (la banque centrale américaine) - que si l’économie américaine n’était pas encore entrée en récession "tous les symptômes sont là". En juillet 2007 sur son blog notre camarade Pascal Cherki analysait déjà la situation créée par les subprimes aux Etats-Unis et les mécanismes qui nous conduisaient vers une crise majeure. A l’heure de la crise nous vous proposons la relecture de cette analyse d’une ardente actualité.
 

L’économie américaine est-elle à la veille d’une crise majeure d’une ampleur comparable à celle qu’elle a connue en 1929 ? La question est moins iconoclaste qu’il y paraît à première vue.

Tout d’abord, il n’est pas interdit de se souvenir que le crash de 1929 avait été précédé d’une période d’euphorie spéculative boursière sur les nouvelles technologies de l’époque qu’étaient l’automobile, les nouveaux médias de communications comme la radio ou le cinéma. Bien sûr les leçons de la crise de 1929 ont été partiellement retenues. Notamment la faute commise par le gouvernement américain qui avait plongé le pays dans la récession par une politique monétaire restrictive qui avait asséché l’offre de crédit et amplifié la crise bancaire.

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Le blog de Pascal Cherki
Par Réinventer la gauche
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