Retrouvez toutes les infos pour le congrès de Reims et signez en ligne la motion Un Monde d'Avance sur le site :
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Débat public autour des enjeux du Congrès de Reims
avec Benoît Hamon
Député européen
Premier signataire de la contribution générale Reconquêtes
Jeudi 11 septembre 2008
20h00
Local du Parti socialiste
Section du 12ème
150 avenue Daumesnil
75012 Paris
Ligne 8 - Station Daumesnil
Sud-Ouest 28.08.08, le 28 août
2008
Propos recueillis par Samuel
Potier (lefigaro.fr)
Parce que les électeurs de gauche et les militants socialistes attendent autre chose qu'une nouvelle guerre des présidentiables ou qu'une dérive social-libérale du PS, Reconquêtes propose de construire le socialisme du XXIe siècle qui tienne compte des échecs récents de la social-démocratie européenne et qui apporte des réponses en terme de régulations et de protections aux crises actuelles du monde globalisé.
Le site internet :
pdf_Plan_contribution_reconquetes
Le samedi 28 juin en présence de Benoît Hamon et de Henri Emmanuelli
au Gymnase Mouchotte, Paris XIVe, Métro : Montparnasse
Café débat sur la crise alimentaire mondiale
samedi 14 juin de 11h00 à 13h00
avec JP. Boris, journaliste à RFI
Le lieu et le sujet seront précisés ultérieurement
Par Jérôme Leparoux, 21 mai 2008
Chacun semble s’accorder sur la nécessité de rénover le PS, voire de le reconstruire, en tout cas de le remettre sur pied. Après trois défaites consécutives à l’élection présidentielle, dont la dernière s’est doublée d’une déroute idéologique, il est en effet urgent d’agir, et d’agir en profondeur.
Si l’on veut, non pas simplement préserver les acquis locaux d’un parti « municipalisé », mais bel et bien refonder une force progressiste capable de répondre aux enjeux de notre époque qui s’inscrivent, eux, dans un cadre mondial, alors nous devons nous parler sans faux-semblant. Le congrès de Reims ne peut pas être une répétition des deux précédents, qui n’ont été que des congrès d’attente. Il doit, au contraire, être l’occasion d’une remise à plat véritable, non seulement de nos orientations de fond, mais aussi et tout autant de nos manières d’être et de faire de la politique. Voici ce qui, a minima, doit changer.
Les débats artificiels qui nous paralysent.
Il est temps d’enterrer la querelle stérile sur la nature plus ou moins sociale-démocrate de notre parti, et sa variante opposant de soit disants Archaïques à de prétendus Modernes. Tout comme la question sans réponse de la primauté du Leader sur le Projet ou du Projet sur le Leader : on n’a jamais vu un projet recueillir les suffrages sans être porté par une personnalité crédible, ni un candidat l’emporter sans proposer une vision mobilisatrice de la société - la leçon nous a été durement rappelée en 2007.
Ces querelles nous épuisent et nous détournent de l’essentiel. Aux yeux de nombreux militants, elles ne servent qu’à justifier les positionnements de nos candidats au poste de premier secrétaire ou à l’élection présidentielle et à appuyer leurs stratégies de neutralisation réciproque.
Ce ne sont pourtant pas les vrais sujets qui manquent. A quand un débat de fond sur les régulations à inventer pour domestiquer le capitalisme financier de ce début de 21ème siècle ? Les graves crises spéculatives que nous traversons - crédit, denrées alimentaires, énergie - devraient nous y obliger. A quand des propositions pour maîtriser les lourdes conséquences industrielles, sociales et écologiques d’un commerce mondial libéralisé et en expansion? La gauche américaine, elle-même, en fait un enjeu électoral. A quand un véritable projet pour relancer l’intégration politique européenne et démocratiser enfin les institutions de l’Union ? Le poids croissant de la Chine et de l’Inde en souligne la nécessité. La liste est longue des questions fondamentales sur lesquelles on ne nous entend pas. Ce n’est pas en attendant l’alternance que nous créerons l’alternative.
Un rapport au pouvoir biaisé par le mythe de l’alternance.
Une génération entière de nos dirigeants – celle qui est aux commandes aujourd’hui - s’est formée aux responsabilités politiques non pas dans les combats et la conquête du pouvoir, mais dans les certitudes des cabinets ministériels. Pour l’essentiel, elle aura navigué au sein d’un PS déjà dominant à gauche, sans autre ambition apparente que d’administrer la rente politique léguée par la génération précédente, pour arriver au pouvoir à son tour, l’heure venue. Tenir l’appareil, en attendant le « retour de balancier » : c’est ce à quoi semble se résumer le projet politique de nombre de nos candidats.
Le PS est certes devenu, grâce à F. Mitterrand et L. Jospin, un parti de gouvernement, maîtrisant les rouages de l’action administrative et de l’appareil d’Etat. Mais voilà : sans travail politique de fond, cela ne suffit pas à faire de nous les bénéficiaires d’une alternance que nous fantasmons. Le pouvoir ne « tourne » pas selon les règles d’on ne sait quelle rythmique électorale, même quand le rejet des sortants atteint des sommets - nous en avons fait l’humiliante expérience, un certain 21 avril. Il se conquiert.
Il est donc temps de remettre la question de la conquête du pouvoir – pas seulement celle de son exercice, souvent d’ailleurs restreinte à une dimension gestionnaire voire « managériale » (!) - au centre de nos réflexions. La Vème République, en l’espace de cinquante ans, a vu défiler cinq présidents de droite. Le seul président de gauche a mis vingt-trois ans – de 1958 à 1981 – pour créer, à force de volonté, les conditions de succès d’une alternative. Il aura fallu au passage transformer la gauche en profondeur. Notre tâche, aujourd’hui, n’est pas moins grande. Elle impose d’oser choisir ce que nous voulons.
Le souci de l’opinion plus que du citoyen.
L’œil rivé sur les enquêtes d’opinion, nous sommes passés maîtres dans l’art de juxtaposer les intérêts antagonistes de la société, dans l’espoir de rassembler les électeurs ou de ne pas les froisser… Une telle posture ne peut mener qu’à la mollesse des propositions et au soupçon d’opportunisme. Nous ne pouvons plus nous contenter d’être le simple miroir des attentes - par nature contradictoires et fluctuantes - de l’opinion, tant il est vrai qu’on ne prépare aucune victoire politique durable en cherchant à plaire plutôt qu’à convaincre.
Rappelons l’évidence : un parti politique a vocation à proposer une vision normative de la société, fondée sur des valeurs. Nous devons donc reprendre le combat sur le terrain idéologique que nous avons délaissé et, à l’aune de nos idéaux de solidarité et de justice sociale, de primauté de l’intérêt général et de maîtrise de notre destin collectif, de transparence démocratique et, en définitive, d’égalité de chacun en dignité, choisir. Comment articuler la sphère politique et la sphère économique ? Quel poids pour les salariés dans les décisions d’entreprise ? Quelle évolution du temps de travail et quelle position vis-à-vis des 35 heures ? Quel système de retraite défendons-nous ? Quelle répartition des richesses, quel impôt et quelle redistribution ? Quel espace pour le service public ? Quelle politique d’immigration voulons-nous ? Le concept de « démocratie participative » – comme si la démocratie n’était pas fondée sur la libre participation des citoyens – n’est d’aucun secours lorsqu’il s’agit de prendre position. Le principe de réalité, si souvent rabaché, prend pour sa part des allures d’alibi.
Nous n’avons d’utilité en tant que parti politique que si nous sommes capables, comme l’a fait N. Sarkozy à nos dépens,
d’affirmer nos valeurs, de défendre notre idéal de société, de promouvoir nos propositions, bref de vouloir. C’est le préalable incontournable au rassemblement des forces de progrès et à la
création d’une majorité alternative qui ait les moyens d’agir.
La difficulté à considérer la gauche dans son ensemble.
Parallèlement, il faut sortir de l’impasse stratégique qui consiste à enfermer le PS dans le choix exclusif d’un repositionnement soit plus à gauche, soit plus au centre. Notre impératif, aujourd’hui, consiste au contraire à « ouvrir le compas », pour occuper un espace politique plus large. Cela ne peut se faire que d’une manière : d’abord rassembler la gauche, ensuite – et ensuite seulement – élargir vers la partie la plus modérée de l’électorat. Inverser la séquence ne peut conduire qu’à la dilution de notre raison d’être, à la défection de notre base électorale et finalement au renforcement de la gauche dite radicale.
Là se situe justement un des impensés de nos débats stratégiques. A force de vouloir nous libérer d’un pseudo « surmoi marxiste », nous nous sommes interdits d’analyser sereinement l’espace occupé par la gauche de la gauche et les dynamiques qui la traversent. Par peur de nous compromettre – intellectuellement s’entend – nous avons renoncé à appréhender la gauche dans sa globalité, notamment sa composante alter mondialiste.
Il faudra bien, néanmoins, à l’image des stratégies « d’union de la gauche » ou de « gauche plurielle », que nous trouvions la manière de rassembler les forces de gauche qui sont prêtes à gouverner. Il faudra aussi que, loin d’être les otages de l’extrême gauche, nous sachions traduire politiquement les préoccupations réelles dont elle se fait l’écho de manière démagogique. Nous réduirons ainsi son espace politique et sa capacité de nuisance, dans un contexte où la popularité d’O. Besancenot alimente le risque d’émergence d’un pôle contestataire au potentiel électoral élevé.
La victoire de 1981 reposait sur l’optimisme d’un changement possible, appuyé sur des valeurs, desquelles découlaient 110 propositions qui
ont accompagné la modernisation de l’économie française, dont la revalorisation du SMIC, l’abaissement de l’âge de la retraite, la semaine de 39 heures, la cinquième semaine de congés payés, la
démocratie dans l’entreprise... La victoire de 1997, quant à elle, était fille des mouvements sociaux de l’hiver 1995 et d’une idée volontariste pour réduire le chômage : le partage du
travail et les 35 heures.
Dans les deux cas, nous étions porteurs d’un projet pour le salariat. Dans les deux cas, la gauche a su se rassembler. Telles sont aujourd’hui encore les pistes à explorer pour préparer l’échéance de 2012. Cela signifie, d’une part, revivifier la démocratie interne, en associant autant que possible le monde syndical à nos débats, afin de définir un nouveau pacte social, écologique et européen qui s’inscrive dans une perspective post-libérale. Et d’autre part, enclencher le processus de désignation d’un candidat unique de la gauche à la prochaine élection présidentielle, probablement par le biais d’une primaire.
Le prochain congrès peut amorcer la refondation non pas simplement du PS, mais de la gauche dans son ensemble. Il est temps d’oser de nouveau.
Jean-Pierre Muller AFP/Archives ¦ Benoît Hamon, leader du Nouveau Parti Socialiste et député européen, le 1er septembre 2007 à La Rochelle
La gauche du PS entend construire pour le congrès de Reims en novembre un rassemblement "à vocation majoritaire" qui tire les leçons de "l'échec du modèle libéral", a déclaré mercredi Benoît Hamon, leader de ce courant avec Henri Emmanuelli.
Le jeune eurodéputé a critiqué lors d'une conférence de presse "l'improvisation intellectuelle et programmatique" d'une partie de la gauche qui "n'est pas capable d'anticiper et de dire comment répondre" aux transformations du monde marquées par "la crise financière, la crise alimentaire, la crise énergétique" qui marquent "un vrai renversement de cycle".
Selon lui, dire que "le passé de la social-démocratie européenne serait l'avenir du socialisme français" est "tout à fait dépassé, ringard".
Il a mis en exergue "l'échec du modèle libéral à répondre aux grandes crises que traversent le monde", auquel il a associé les expériences de la social-démocratie européenne au gouvernement.
Dans un tel contexte, "il est absolument surréaliste" de voir que "des socialistes choisissent ce moment pour se disputer un ralliement au libéralisme", a affirmé M. Emmanuelli.
Les deux hommes se sont tenus à équidistance de Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. "Je n'ai pas senti un vent se lever ni dans un sens ni dans l'autre", a déclaré M. Hamon.
Le Nouveau parti socialiste (nom du courant de MM. Hamon et Emmanuelli) aborde le congrès dans "une démarche extrêmement ouverte", avec le souci de construire un rassemblement "délibérément à vocation majoritaire".
Le NPS discute actuellement "avec les +reconstructeurs+" qui réunissent fabiusiens, strauss-kahniens, les amis de Martine Aubry et ceux d'Arnaud Montebourg. Il n'écarte pas non plus le dialogue avec le premier secrétaire François Hollande
Le NPS récuse un front anti-Delanoë ou anti-Royal. "Ce n'est pas juste le +tout sauf Ségolène Royal+ ou le +tout sauf Bertrand Delanoë+ qui peut faire le ciment" du rassemblement à opérer, a lancé M. Hamon.
Le député européen n'a pas exclu une candidature issue de son courant au poste de premier secrétaire du PS. "Si on est en situation de diriger le parti, il y aura un candidat issu de nos rangs, mais pas avant".
Jean-Pierre Muller AFP/Archives ¦ Benoît Hamon, leader du Nouveau Parti Socialiste et député européen, le 1er septembre 2007 à La Rochelle
La gauche du PS veut peser sur le prochain congrès
LE MONDE POUR DIRECTMATINPLUS | 27.05.08 | 09h42
Reconquêtes ". C'est sous cette appellation, suggèrant qu'il faut refaire le terrain perdu ces dernières années, que les partisans d'Henri Emmanuelli regroupés au sein du courant Nouveau parti socialiste (NPS) s'apprêtent à lancer la bataille du congrès du PS programmé en novembre à Reims. Le NPS, sensibilité qui regroupe une bonne partie de la gauche du PS, présentera demain son projet de contribution – texte d'avant-congrès non soumis au vote des adhérents – avant d'organiser une série de huit forums à travers le pays.
Notamment animés par Benoît Hamon, député européen, Razzye Hammadi, secrétaire national du PS et Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris et ex-président de l'UNEF, ces réunions visent à imposer l'idée selon laquelle "l'avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne". Les partis socialistes européens classiques, fait remarquer le NPS, ont "enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux" sur le Vieux continent en présentant "une offre politique sociale-libérale". "La gauche ne peut plus se contenter au nom d'une prétendue responsabilité rejoindre la droite sur le but et le contenu des réformes structurelles, se distinguant seulement sur les dosages ou l'agenda", insiste le texte élaboré par le NPS.
"SAGE ACTIF"
Selon les amis d'Henri Emmanuelli, le PS risque de connaître "un nouveau congrès de Rennes", c est à dire "le choc de deux profils sans différence majeure de ligne". Après le duel fratricide Fabius-Jospin de 1990, l'affrontement mortifère Ségolène Royal-Bertrand Delanoë? Proches de l'aile gauche, en particulier lors de la campagne contre le référendum européen de 2005, les fabiusiens redoutent eux-aussi de faire les frais d'un tel face à face. Le ralliement au maire de Paris de certains strauss-kahniens (tels Michel Destot, maire de Grenoble, Roland Ries, maire de Strasbourg ou Daniel Delaveau, maire de Rennes) menace directement l'alliance des "reconstructeurs" entre partisans de DSK et fabiusiens sur une ligne "ni Bertrand ni Ségolène". Les amis de Laurent Fabius redoutent de se retrouver isolés et exclus de la majorité "réformiste" qui sortira du congrès. Ou devoir s'y rallier dans les pires conditions. Une situation qui risquerait de mettre à mal leur cohésion et ruiner les derniers espoirs de retour sur le devant de la scène de leur champion.
En attendant, l'ex-premier ministre soigne son image de "sage actif ". Il a annoncé, hier, son intention de signer avec les fabiusiens de Seine-Maritime une contribution qui dénonce "la peoplelisation, personnalisation et la présidentialisation".
Jean-Michel Normand
La gauche du PS n'exclut pas de présenter une contribution au congrès
LEMONDE.FR avec AFP | 28.05.08 | 16h22 • Mis à jour le 28.05.08 | 16h22
Un candidat en plus à la tête du PS ? "Si on est en situation de diriger le parti, il y aura un candidat issu de nos rangs", a déclaré, mercredi 28 mai, Benoît Hamon, co-leader, avec Henri Emmanuelli, du Nouveau Parti socialiste (NPS). La gauche du PS entend organiser pour le congrès de Reims en novembre un rassemblement "à vocation majoritaire" qui tire les leçons de "l'échec du modèle libéral", a indiqué l'eurodéputé lors d'une conférence de presse.
M. Hamon a critiqué "l'improvisation intellectuelle et programmatique" d'une partie de la gauche qui "n'est pas capable d'anticiper et de dire comment répondre" aux transformations du monde marquées par "la crise financière, la crise alimentaire, la crise énergétique".
"L'ÉCHEC DU MODÈLE LIBÉRAL"
Selon lui, dire que "le passé de la social-démocratie européenne serait l'avenir du socialisme français" est "tout à fait dépassé, ringard". Il souligne "l'échec du modèle libéral à répondre aux grandes crises que traversent le monde", auquel il associe les expériences de la social-démocratie européenne au gouvernement. Dans un tel contexte, "il est absolument surréaliste" de voir que "des socialistes choisissent ce moment pour se disputer un ralliement au libéralisme", a affirmé M. Emmanuelli.
Les deux hommes se sont tenus à équidistance de Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. "Je n'ai pas senti un vent se lever
ni dans un sens ni dans l'autre", a déclaré M. Hamon
Jean-Pierre Muller AFP ¦ Le porte-parole du PS Benoît Hamon, le 1er septembre 2007 à La Rochelle
«Reconquête»: c'est le nom de la contribution que déposera le NPS, un courant classé à la gauche du Parti socialiste, au Congrès
de Reims. Lors d'une conférence de presse ce midi, l'eurodéputé Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont annoncé vouloir «incarner une nouvelle voie» en opposition à «l'offre politique partagée par
Bertand Delanoë et Ségolène Royal», dont ils estiment qu'ils représentent une «seule et unique ligne». Une analyse similaire développé par Laurent Fabius mardi.
A la tribune, le NPS avait misé sur la jeunesse: pas moins de trois - jeunes - anciens président du MJS : Benoit Hamon, Régis Juanico,
député de la Loire, et Razzy Hammadi, Bruno Julliard, l'ancien président du syndicat étudiant Unef, et Olivier
Dussopt, benjamin de l'Assemblée du haut de ses 29 ans.
«Ils se fourvoient», a lancé Benoît Hamon au sujet de ce qu'il appelle des«initiatives à la droite du PS»: «Ils mîment le blairisme ou les choix politiques des Allemands dans les années 90». A
ses yeux, c'est «dépassé, conservateur, et pour tout dire complètement ringard», affirme-t-il, dans une allusion au débat sur la modernisation de la ligne politique du PS. «Cela fait»
Il a souligné que la démarche de Bertrand Delanoë n'étais pas «couronnée de succès sur le terrain», tandis que la base de soutien de Ségolène Royal avait plutôt tendance au «rétrécissement». Avec
pour conséquence l'absence d'une «force collective autour d'eux».
Concernant le projet développé par son courant, le NPS, Benoît Hamon a appellé la gauche à en finir avec «l'improvisation programatique et politique», face aux «crises que traverse le
libéralisme» Il entend travailler à «une majorité nouvelle qui prépare et anticipe l'avenir», face au «monolithisme générationnel» incarné par les leaders socialistes actuels. Cette aspiration à
être «majoritaire» a conduit Hamon et Emmanuelli à ne pas donner suite pour le moment à la proposition du sénateur Jean-Luc Mélenchon, «adjure le NPS d’entendre les appels au rassemblement de la gauche du parti». La gauche du parti, «ça fait déjà longtemps que nous bien plus que cela»,
explique-t-il, soucieux d'éviter la «posture de témoignage».
Jean-Pierre
Muller AFP ¦ Le porte-parole du PS Benoît Hamon, le 1er septembre 2007 à La Rochelle
PARIS (AFP) — La gauche du PS entend construire pour le congrès de Reims en novembre un rassemblement "à vocation majoritaire" qui tire les leçons de "l'échec du modèle libéral", a déclaré mercredi Benoît Hamon, leader de ce courant avec Henri Emmanuelli.
Le jeune eurodéputé a critiqué lors d'une conférence de presse "l'improvisation intellectuelle et programmatique" d'une partie de la gauche qui "n'est pas capable d'anticiper et de dire comment répondre" aux transformations du monde marquées par "la crise financière, la crise alimentaire, la crise énergétique" qui marquent "un vrai renversement de cycle".
Selon lui, dire que "le passé de la social-démocratie européenne serait l'avenir du socialisme français" est "tout à fait dépassé, ringard".
Il a mis en exergue "l'échec du modèle libéral à répondre aux grandes crises que traversent le monde", auquel il a associé les expériences de la social-démocratie européenne au gouvernement.
Dans un tel contexte, "il est absolument surréaliste" de voir que "des socialistes choisissent ce moment pour se disputer un ralliement au libéralisme", a affirmé M. Emmanuelli.
Les deux hommes se sont tenus à équidistance de Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. "Je n'ai pas senti un vent se lever ni dans un sens ni dans l'autre", a déclaré M. Hamon.
Le Nouveau parti socialiste (nom du courant de MM. Hamon et Emmanuelli) aborde le congrès dans "une démarche extrêmement ouverte", avec le souci de construire un rassemblement "délibérément à vocation majoritaire".
Le NPS discute actuellement "avec les +reconstructeurs+" qui réunissent fabiusiens, strauss-kahniens, les amis de Martine Aubry et ceux d'Arnaud Montebourg. Il n'écarte pas non plus le dialogue avec le premier secrétaire François Hollande
Le NPS récuse un front anti-Delanoë ou anti-Royal. "Ce n'est pas juste le +tout sauf Ségolène Royal+ ou le +tout sauf Bertrand Delanoë+ qui peut faire le ciment" du rassemblement à opérer, a lancé M. Hamon.
Le député européen n'a pas exclu une candidature issue de son courant au poste de premier secrétaire du PS. "Si on est en situation de diriger le parti, il y aura un candidat issu de nos rangs, mais pas avant".
Le NPS se lance dans la course
Le courant de la gauche du PS, qui vient de lancer un cycle de forums régionaux, entend peser sur le prochain congrès.
Un site Internet (www.reconquetes.eu), huit forums régionaux – le premier a eu lieu ce week-end, le dernier est prévu le 21 juin –, un grand rassemblement national le 28 juin et quatre têtes d’affiche : Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, Razzye Hammadi et Bruno Julliard. Le NPS est bien décidé à se faire entendre à Reims en novembre. Première exigence : "éviter le choc de deux profils sans différence majeure de ligne" que constituerait le duel Royal-Delanoë. Soit le même angle d’attaque que les Reconstructeurs, qui se réunissent ce dimanche, et qui agrègent aujourd’hui principalement strauss-kahniens et fabiusiens, mais aussi Arnaud Montebourg, grand ancien du NPS. Les convergences entre les deux ensembles existent donc et d'ailleurs des discussions sont en cours. En sachant que le NPS ne veut pas d’une "social-démocratie qui a enregistré 13 défaites sur les 15 derniers scrutins nationaux en Europe", soit une revendication peut-être difficile à faire admettre par les amis de DSK… Quoi qu’il en soit, le NPS déposera, c’est une certitude, une contribution en vue du congrès. Pour la suite, tout reste ouvert. Comme le précise l'un de ses cadres, "on examinera ce qui est proposé et on verra bien ce qui est possible, et avec qui"…
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